La surface de la terre mesure 510 067 420 kilomètres carrés
Manifestement, il suffit de multiplier par mille pour obtenir le nombre de mètres carrés, soit l’espace que j’occupe présentement.
Ce qui fait, au bas mots 510 067 420 000 mètres carrés. Je dis « au bas mot » parce qu’on n’a sans doute pas mesuré toutes les bosses et les creux. Et Dieu sait qu’il y en a.
Cinq cent dix milliards soixante sept millions quatre cent vingt mille mètres carrés. J’ai compris que pour ne jamais revenir nulle part, il me fallait me déplacer sur toutes ces cases, une à une, sans jamais revenir en arrière. Je pouvais demeurer fixe aussi longtemps que je le voulais, mais si je bougeais, je devais inexorablement faire un pas sur une nouvelle case.
Il y a plusieurs obstacles qui guettent ceux qui seraient tentés d’entreprendre pareille entreprise. Moi-même, je n’y suis pas parvenu. Je suis à nouveau ici et pire encore, je ne sais plus d’où je reviens.
Ça peut sembler banal, mais la première chose à laquelle on s’habitue quand on se livre à ce projet, c’est de ne jamais rien oublier. Toute chose laissée derrière devient inaccessible.
Inversement, et c’est ce que j’ai appris à mon tout dernier pas, revenir sur une case où vous avez déjà mis les pieds annule tout ce qui s’est produit depuis votre dernière visite sur celle-ci. Peu importe la quantité de souvenirs et la distance parcourue, revenir au même endroit signifie l’oubli pur et simple de tout ce qui concerne cette partie du voyage.
Si bien que, même si vous deviez revenir chercher quoi que ce soit oublié à un endroit de votre parcours, vous ne le retrouveriez pas car une fois sur place vous aurez oublié ce que vous aviez oublié.
La plupart des gens ne voient aucun obstacle à revenir constamment aux mêmes endroits.






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